7 jours dans le Sud de l'Albanie : l'itinéraire complet du Sud

7 jours dans le Sud de l'Albanie : l'itinéraire complet du Sud

7 Jours dans le Sud de l’Albanie : Des Villes UNESCO aux Plages Ioniennes

Le sud de l’Albanie est l’une des expériences de voyage les plus enrichissantes d’Europe : deux villes patrimoine mondial de l’UNESCO taillées dans la pierre et le plâtre ottoman, la source cristalline de l’Œil Bleu, des bains thermaux nichés dans une gorge de rivière, des plages ioniennes préservées et une côte rivalisant avec les îles grecques à une fraction du coût. Cet itinéraire de sept jours couvre l’essentiel du sud sans se sentir bousculé, en passant suffisamment de temps dans chaque lieu pour aller au-delà de la surface.

Ce parcours fonctionne sans voiture grâce au réseau de bus et de furgons albanais (minibus partagés), bien qu’une voiture de location pour les deux derniers jours offrirait plus de flexibilité le long de la Riviera. Pour une expérience plus approfondie du sud de l’Albanie, voir notre itinéraire complet 14 jours en Albanie. Pour ceux qui souhaitent combiner nord et sud, l’itinéraire complet 10 jours est idéal.

Aperçu

  • Jour 1 : Arrivée à Tirana, découverte de la capitale
  • Jour 2 : Sites et gastronomie de Tirana
  • Jour 3 : Voyage à Berat, exploration de la vieille ville
  • Jour 4 : Berat et excursion aux gorges de l’Osum
  • Jour 5 : Gjirokastra
  • Jour 6 : Permet et bains thermaux
  • Jour 7 : Œil Bleu, Saranda, Ksamil

Jour 1 : Tirana — Arrivée

Après-midi/Soirée : Premier Contact avec la Capitale

Arrivée à l’aéroport international de Tirana et transfert vers votre hébergement. Tirana vous offre l’introduction parfaite à l’Albanie contemporaine — une ville qui s’est transformée du gris communiste en une explosion de couleurs, d’énergie et d’ambition.

Passez l’après-midi autour de la place Skanderbeg : le Musée national d’histoire, la mosquée Et’hem Bey, la Tour de l’Horloge. Traversez Blloku — l’ancien quartier de l’élite du parti — et trouvez une table dans l’un de ses cafés en terrasse pour un macchiato albanais (petit, fort, excellent) et un moment à observer les passants. La soirée est pour le dîner ; essayez le fërgësë (le plat signature de Tirana de poivrons, tomates et fromage blanc cuit en pot de terre) au restaurant Oda ou au restaurant Era en centre-ville.

Taxi depuis l’aéroport : 2 500–3 000 lekës. Les options d’hôtel vont d’auberges à EUR 15 à des hôtels boutique à EUR 100+ ; Blloku et le centre sont les meilleurs emplacements.


Jour 2 : Tirana — Musées, Marchés et Gastronomie

Matin : Musée national d’histoire et Pazari i Ri

Commencez par le Musée national d’histoire (700 lekës) pour une base complète sur l’histoire albanaise depuis les Illyriens jusqu’à l’ère communiste. Puis marchez jusqu’au Pazari i Ri — le marché couvert magnifiquement restauré — pour un déjeuner composé d’olives locales, fromages, légumes marinés et pain fraîchement cuit. Budget 300–500 lekës pour un excellent déjeuner au marché.

Après-midi : BunkArt 2 et Blloku

Visitez BunkArt 2 — le musée-bunker nucléaire de l’ère communiste documentant la police secrète Sigurimi — puis explorez les boutiques, le street art et les façades colorées de Blloku. L’ancienne Pyramide de Tirana vaut un arrêt ; grimpez l’extérieur pour une vue gratuite sur la ville.

Soirée : Tour Gastronomique de Tirana

Rejoignez un tour gastronomique de Tirana le soir — généralement 3 à 4 heures visitant les meilleurs spots gastronomiques de la ville : stands de byrek, tavernes traditionnelles, bars à raki et pâtisseries. C’est à la fois un excellent repas et la meilleure introduction possible à la culture culinaire albanaise.


Jour 3 : Tirana à Berat

Matin : Voyage vers Berat

Prenez le bus du matin de Tirana à Berat — environ 2 heures, 400 lekës, plusieurs départs quotidiens depuis le terminal sud. Arrivée à Berat en fin de matinée et installation dans votre hébergement dans la vieille ville de Mangalem.

Après-midi : Mangalem, Kalaja et Musée Onufri

Promenez-vous dans les ruelles pavées de Mangalem — le quartier islamique ancien de Berat empilé sur le flanc de la colline au-dessus de la rivière Osum — et montez jusqu’au Kalaja, le château habité au sommet. Le Musée Onufri dans le Kalaja (400 lekës) expose d’extraordinaires icônes byzantines du XVIe siècle ; l’utilisation par Onufri d’un pigment rouge vif distinctif rend son œuvre immédiatement reconnaissable.

Explorez les églises, les citernes, les tours et les maisons encore habitées du château. Les vues depuis les remparts sur la vallée de l’Osum et le quartier de Mangalem en dessous comptent parmi les meilleures du pays.

Soirée : Quartier de Gorica

Traversez le vieux pont en pierre jusqu’au quartier de Gorica sur la rive est de l’Osum et trouvez un café ou restaurant en terrasse pour le coucher du soleil. La lumière réfléchie de fin d’après-midi sur les mille fenêtres de Mangalem de l’autre côté de la rivière est l’image définissante de Berat. Le dîner dans une pension de Berat est souvent la meilleure option — beaucoup servent des repas faits maison avec des ingrédients locaux pour 800–1 200 lekës.


Jour 4 : Berat et Gorges de l’Osum

Matin : Gorges de l’Osum

Prenez un taxi partagé du matin (1 000–1 500 lekës aller-retour, à partager avec d’autres voyageurs) jusqu’aux gorges de l’Osum — une gorge spectaculaire creusée par la rivière Osum dans de pâles falaises calcaires, jusqu’à 80 mètres de profondeur par endroits. Réservez une excursion aux gorges de l’Osum et à la cascade de Bogove depuis Berat pour l’expérience la plus complète — elle combine généralement les gorges avec la cascade de Bogove, une chute de 25 mètres dans un bassin turquoise.

Les gorges sont accessibles par marche dans le lit de la rivière pendant les mois secs (juillet–septembre), quand le niveau d’eau baisse suffisamment pour se frayer un passage. Au printemps, les niveaux d’eau sont plus hauts et des excursions en bateau dans les gorges sont disponibles. Dans les deux cas, les parois calcaires abruptes, les grottes et la couleur extraordinaire de l’eau font de cet endroit l’un des grands spectacles naturels du sud de l’Albanie.

Après-midi : Musée ethnographique et Gorica

Retournez à Berat en début d’après-midi. Visitez le Musée ethnographique dans le quartier de Mangalem — logé dans un manoir ottoman original du XVIIIe siècle avec de superbes plafonds en bois sculpté. Entrée 300 lekës ; la collection de costumes traditionnels, d’outils et d’objets domestiques donne un excellent contexte pour la vie quotidienne albanaise à l’ère pré-industrielle.

Passez le reste de l’après-midi à flâner dans les rues de Berat : la Mosquée des Célibataires (Xhamia e Beqarëve), le vieux bazar rénové et la promenade en bord de rivière le long de l’Osum valent tous le temps qu’on leur consacre. Berat est une ville qui récompense la marche lente.

Soirée : Dîner d’Adieu à Berat

C’est votre dernière nuit à Berat. Essayez le Restaurant Mangalemi ou l’une des terrasses couvertes de vignes dans la vieille ville pour un dîner détendu. Les vins locaux de Berat (le cépage Trebicano produit un blanc local distinctif) valent d’être goûtés. Budget 1 500–2 500 lekës pour le dîner avec vin.


Jour 5 : Gjirokastra — La Ville de Pierre

Matin : Voyage vers Gjirokastra

Prenez un bus du matin ou un taxi partagé de Berat à Gjirokastra — environ 2h30–3h avec un possible changement à Tepelena. Les taxis partagés depuis la gare routière de Berat sont plus confortables et pas beaucoup plus chers : 1 500–2 000 lekës par personne. Arrivée en fin de matinée.

Gjirokastra partage le statut UNESCO de Berat mais a un caractère complètement différent : construite en pierre grise locale sur un flanc de colline dramatiquement escarpé, elle est plus austère, plus semblable à une forteresse et peut-être encore plus puissante visuellement. Les blocs de béton socialiste qui défigurent la plupart des villes albanaises sont absents ici ; Gjirokastra a préservé son tissu historique, en partie grâce aux politiques communistes de protection du patrimoine et en partie en raison de son isolement géographique.

Après-midi : Château, Vieux Bazar et Maison Zekate

Montez au château de Gjirokastra — l’immense forteresse perchée au-dessus de la vieille ville — pour les meilleures vues sur la vallée du Drinos et vers la Grèce. La cour du château contient un jet de l’US Air Force capturé et diverses pièces militaires, donnant au site entier une qualité légèrement surréaliste. À l’intérieur : un musée ethnographique et l’ancienne prison de la ville. Entrée 500 lekës.

Faites une visite guidée de Gjirokastra pour vraiment déverrouiller l’histoire et l’architecture de la ville — les guides ici sont excellents et le contexte du quartier est difficile à absorber de manière indépendante.

Après la visite, visitez la maison Zekate — une extraordinaire maison-tour du XVIIIe siècle qui illustre le type architectural de Gjirokastra : étages inférieurs défensifs massifs, élégants appartements supérieurs avec des fenêtres du sol au plafond et des plafonds en bois peints à l’infini. Entrée 300 lekës.

Soirée : Vieux Bazar et Maison d’Ismail Kadaré

Promenez-vous dans le vieux bazar restauré et visitez la maison où est né le romancier Ismail Kadaré (l’écrivain albanais le plus reconnu internationalement, nominé plusieurs fois pour le Prix Nobel). Plusieurs bons restaurants sont regroupés dans et autour du bazar ; le Restaurant Kujtimi et le Restaurant Sopoti sont des favoris locaux avec une cuisine albanaise traditionnelle.


Jour 6 : Permet et Bains Thermaux de Benja

Matin : Voyage vers Permet

Depuis Gjirokastra, prenez un bus ou taxi partagé vers le nord-est jusqu’à Permet — environ 1h30–2h à travers des paysages de montagne. Permet est une petite ville détendue sur la rivière Vjosa — l’une des dernières rivières sauvages d’Europe — et est la porte d’entrée vers certains des paysages naturels les plus beaux d’Albanie.

Réservez une excursion aux bains thermaux de Permet et Benja pour une expérience guidée incluant les piscines thermales et souvent le pont de Benja et le canyon environnant.

Après-midi : Bains Thermaux de Benja et Vallée de la Vjosa

Les bains thermaux de Benja — des sources minérales naturellement chaudes émergeant des parois rocheuses d’un canyon calcaire sur la rivière Langarica — sont l’un des grands plaisirs de l’Albanie. Les bassins varient en température de confortablement chaud à genuinement chaud, et le cadre (parois du canyon en pierre, rivière claire en dessous, ancien pont en amont) est extraordinairement beau. L’entrée est gratuite ; une serviette et un maillot de bain sont indispensables.

Le pont ottoman de Benja — un gracieux pont en pierre à une seule arche franchissant les gorges de la Langarica — est l’un des plus beaux exemples de construction de ponts ottomans en Albanie. La rivière en dessous est d’une clarté de piscine en été.

Permet elle-même vaut d’être explorée : le centre-ville a une agréable promenade le long de la Vjosa, plusieurs bons cafés et la spécialité locale du gliko de Permet — fruits confits dans du sirop de sucre, particulièrement le coing et les agrumes, qui font d’excellents cadeaux.

Soirée : Nuit à Permet ou Retour à Gjirokastra

Soit restez la nuit à Permet (bonnes pensions de base, 2 000–3 500 lekës par chambre), soit retournez à Gjirokastra pour votre dernière nuit avant de continuer vers le sud. Si vous restez à Permet, le dîner dans l’un des restaurants en bord de rivière coûte 1 000–1 800 lekës pour un repas complet.


Jour 7 : Source de l’Œil Bleu, Saranda et Ksamil

Matin : La Source de l’Œil Bleu

Depuis Gjirokastra ou Permet, dirigez-vous vers l’Œil Bleu (Syri i Kaltër) — le plus facilement en rejoignant une excursion ou en prenant un taxi partagé depuis l’une ou l’autre ville. L’Œil Bleu est situé à environ 25 km à l’est de Saranda sur la route de Gjirokastra.

Réservez une excursion Œil Bleu, Butrint et Ksamil depuis Saranda — c’est le moyen le plus efficace de combiner les trois incontournables si vous êtes basé à Saranda.

L’Œil Bleu est une source karstique où l’eau jaillit d’une source souterraine inconnue, créant un parfait disque bleu cobalt dans le plancher de la forêt. La couleur est extraordinaire — un bleu intense et irréel que les photographies ne peuvent pas tout à fait capturer fidèlement. La forêt de platanes environnante et le son de l’eau froide sont profondément apaisants. Entrée au parc : 100 lekës.

Après-midi : Saranda et Ksamil

Continuez vers Saranda pour le déjeuner sur le front de mer, puis prenez un taxi ou un bus local 15 km vers le sud jusqu’à Ksamil — un petit village avec trois petites îles au large et les plus belles plages d’Albanie. L’eau est ionienne claire et chaude de juin à septembre ; les plages sont sablonneuses et les îles (accessibles en court trajet en bateau ou en kayak) offrent de la plongée avec masque et tuba sur des fonds corallins et une vie marine étonnamment riches.

Ksamil jouxte le parc national de Butrint, et la combinaison d’archéologie et de plage en fait une destination finale idéale. Le village s’est développé rapidement comme destination touristique et dispose maintenant d’une bonne gamme de restaurants, bars et hébergements.

Rejoignez une excursion en bateau sur la Riviera albanaise depuis Saranda pour voir la côte depuis l’eau — ces excursions incluent généralement Ksamil, le chenal de Butrint et parfois Butrint lui-même depuis la mer.

Soirée : Front de Mer de Saranda

La promenade de Saranda s’anime le soir avec des restaurants, des stands de glaces et des bars. Un dîner de fruits de mer — bar grillé, salade de poulpe, calamars — avec vin blanc local sur le front de mer est la conclusion parfaite de sept jours dans le sud de l’Albanie. Depuis Saranda, vous pouvez prendre un ferry vers Corfou (45 minutes, plusieurs traversées quotidiennes), un bus de retour vers Tirana (4–5 heures) ou prolonger votre voyage le long de la Riviera albanaise.


Où Dormir

Tirana (2 nuits) : Hostel Freddy’s (économique), Hotel Kalemi 2 (milieu de gamme), Padam Hotel (confort).

Berat (2 nuits) : Hotel Mangalemi (milieu de gamme, situation en vieille ville), Guesthouse Lena (économique, belle vue).

Gjirokastra (1–2 nuits) : Guesthouse Kotoni (économique, maison en pierre), Stone City Hotel (milieu de gamme).

Permet (optionnel, 1 nuit) : Guesthouse Argjiro, Hotel Permet.

Saranda/Ksamil (1 nuit) : Hotel Butrinti (milieu de gamme), Camping Bleart Ksamil (économique), Hotel Riviera Saranda (confort).


Budget pour 7 Jours dans le Sud de l’Albanie

CatégorieÉconomiqueMilieu de gammeConfort
Hébergement (7 nuits)EUR 80–110EUR 245–350EUR 490–700
Transport interurbainEUR 18–25EUR 35–55EUR 60–100
Entrées musées et parcsEUR 22–28EUR 22–28EUR 22–28
Nourriture et boissons (par jour)EUR 15–22EUR 30–50EUR 55–90
Visites guidéesEUR 0–25EUR 60–100EUR 150–250
Total 7 joursEUR 230–325EUR 510–730EUR 990–1 450

Prix par personne. Économique suppose dortoirs/pensions bon marché et bus. Milieu de gamme suppose pensions et mélange bus/taxi. Confort suppose petits hôtels et principalement taxis/excursions.


Conseils Clés pour le Sud de l’Albanie

Négociez les taxis partagés : Pour les trajets interurbains non couverts par des bus réguliers, demandez à la gare routière un taxi partagé. Négociez le prix par place avant de monter ; il devrait être proche du tarif du bus.

Les espèces font loi en dehors de Tirana : Berat, Gjirokastra, Permet et les villages plus petits fonctionnent presque entièrement en espèces. Apportez suffisamment de lekës depuis les DAB de Tirana ou de Berat.

La chaleur en juillet–août : Le sud de l’Albanie en plein été est genuinement chaud — souvent 35–38°C dans les vallées. Commencez les visites tôt, reposez-vous l’après-midi et portez beaucoup d’eau.

Les moustiques à Butrint : La zone du lagon de Butrint est sujette aux moustiques, surtout au crépuscule. Emportez un répulsif.

Ferry vers Corfou : Le ferry Saranda–Corfou prend 45 minutes et coûte environ EUR 20 en simple. Plusieurs opérateurs assurent la traversée ; Finikas Lines et Ionian Cruises sont fiables. Voir notre itinéraire combiné Albanie et Grèce pour un parcours incluant les deux pays.


Le Sud de l’Albanie en Profondeur : Pourquoi Ces Villes Comptent

Le sud de l’Albanie est bien plus qu’une collection de jolies villes. Les deux villes UNESCO — Berat et Gjirokastra — représentent quelque chose de genuinement rare dans le patrimoine européen : des environnements urbains où des siècles d’histoire sont visibles dans le tissu bâti, où les gens vivent encore dans des maisons d’époque ottomane et où les structures sociales d’une ville balkanique pré-industrielle sont lisibles dans le tracé des rues, l’architecture et la relation entre les quartiers.

Les trois quartiers de Berat : Berat se divise en trois zones historiques qui représentent chacune une communauté différente de la ville ottomane. Mangalem (le flanc ouest de la colline) était le quartier musulman, desservi par la Mosquée des Célibataires et la Mosquée des Halveti. Gorica (la rive est) était le quartier chrétien, sa communauté centrée sur des églises orthodoxes. Et Kalaja — le château au sommet — était une communauté mixte de chrétiens et de musulmans, défendue par des murs partagés et unie par la proximité. Cette structure à trois parties, où différentes confessions coexistaient au sein d’une même ville (pas toujours harmonieusement, mais continûment), est elle-même historiquement significative et fait partie de ce que l’UNESCO a reconnu.

Les tours de Gjirokastra : L’architecture distinctive de Gjirokastra — massives tours de pierre avec de petites fenêtres aux étages défensifs inférieurs et de grandes fenêtres en bow-window s’ouvrant sur la vallée aux étages de vie supérieurs — reflète une histoire sociale de violence intermittente et le besoin pour les familles à la fois de se défendre et d’afficher leur richesse. Les tours ont été construites par de puissantes familles locales (la maison de la famille Zekate est le plus bel exemple survivant) pendant une période de gouvernance ottomane où des notables locaux se disputaient l’influence et avaient besoin à la fois de capacité militaire et de prestige social. Lire l’architecture comme histoire sociale rend les rues de Gjirokastra bien plus intéressantes qu’une simple ville patrimoniale.

Les couches de Saranda : Saranda ressemble à une simple station balnéaire — la promenade, les hôtels, les restaurants de fruits de mer face à Corfou. Mais la ville a une histoire genuinement profonde sous la surface moderne. Le nom vient du monastère byzantin d’Agioi Saranta (Quarante Saints) dont les ruines sont visibles sur le flanc de la colline au-dessus de la ville. L’ancienne cité d’Onchesmos occupait ce site à l’époque grecque et romaine ; ses vestiges se trouvent sous la ville moderne et font parfois surface pendant les travaux de construction. Butrint — à 12 km au sud — donne à cette histoire toute son expression.


Le Patrimoine Ottoman du Sud de l’Albanie

L’un des thèmes les plus puissants qui traverse cet itinéraire de 7 jours est l’héritage ottoman. L’Albanie a fait partie de l’Empire ottoman de 1385 (Gjirokastra est tombée) ou 1417 (Berat est tombée) jusqu’en 1912 — plus de 500 ans de gouvernance turque qui ont laissé de profondes empreintes sur la langue, l’architecture, la nourriture et la culture.

Les Ottomans ont apporté l’islam (l’Albanie était majoritairement orthodoxe chrétienne auparavant), reconstruit et agrandi les fortifications existantes (le Kalaja de Berat, le château de Gjirokastra), créé le système de bazars couverts (visible dans les deux villes), introduit le hammam (bain public) et transformé l’architecture domestique par l’introduction du bow-window — une concession au désir de lumière dans une culture qui exigeait l’intimité vis-à-vis de la rue.

L’islam albanais, cependant, a toujours été syncrétiste. L’ordre Bektachi — une tradition soufie mystique qui mélange des éléments islamiques, chrétiens et albanais pré-islamiques — était particulièrement fort dans le sud de l’Albanie. Le siège mondial Bektachi a déménagé à Tirana après qu’Atatürk ait aboli l’ordre en Turquie. En vous promenant dans Berat ou Gjirokastra, vous remarquerez que les mosquées et les églises se trouvent souvent à quelques mètres les unes des autres, que de nombreux musulmans albanais célèbrent Pâques orthodoxe et que l’interdiction de l’alcool n’a jamais vraiment été appliquée. C’est une forme d’islam façonné par la culture albanaise, et non l’inverse.

Comprendre ce contexte rend les sites religieux du sud de l’Albanie — les mosquées, les églises orthodoxes, les teqe bektachis (sanctuaires) — bien plus intéressants que du simple tourisme architectural.

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